Hyperphagie ou ce trouble alimentaire incompris.


Les gens ne se rendent pas compte de la difficulté que peuvent rencontrer les personnes qui, comme moi, souhaitent perdre du poids. J'ai passé mon adolescence et presque toute ma vie en fait, à suivre des régimes toujours plus restrictifs les un que les autres. Je me suis parfois privée pendant les vacances (direction la salle de sport à 8h, très peu, voir pas d'excès du tout, pas de plaisir). J'ai tenté les crèmes amincissantes et même les cachets qui sont supposés brûler les graisses. Ai-je réussi à perdre ? Oui. Est-ce que ça a duré sur le long terme ? Non. Non seulement j'ai repris les kilos que j'avais perdu, en double voir en triple, mais en plus, j'ai gagné un abonnement aux troubles alimentaires

"Il suffit juste d'un peu de motivation, ce n'est pas facile, mais il faut se motiver !"
Je déteste cette phrase et tout ce qui s'en rapproche. Quand on a des troubles alimentaires, c'est compliqué. Pour ma part, ce qui rend difficile l'hyperphagie (boulimie non-vomitive), c'est que c'est un trouble qui ne se voit pas. C'est bien présent, mais c'est invisible. Alors, on entend  régulièrement des personnes nous dire que si l'on était plus motivé, si l'on avait réellement eu ce "déclic" pour perdre du poids, alors on serait capable d'y arriver. Et à la personne qui est alcoolique, vous lui dites aussi " Oh, il te suffit juste d'un peu de motivation et hop, ça ira tout seul !" ? 

L'hyperphagie, c'est comme l'alcoolisme, la dépendance. C'est une maladie, c'est un trouble
Sauf que c'est un trouble invisible et que faire comprendre ce trouble aux personnes qui nous entourent n'est pas facile. La nourriture est une drogue. Le soucis, c'est que l'on a besoin de manger pour vivre. Et quand on est addict à la nourriture et bien, c'est assez compliqué. Un simple repas peut finir en crise d'hyperphagie. Un simple apéro peut déclencher des crises pendant une semaine. 
Alors bien sûr, ça se soigne, ça se travaille. Ça prend du temps. Ça demande de l'aide, du suivi. Non, ce n'est pas qu'une question de motivation.


J'ai eu envie d'évoquer ce sujet qui me tient à cœur. Ça fait un long moment que j'hésitais. Avant, j'avais honte. D'ailleurs, je me suis longtemps sentie mal lorsque j'entendais des proches parler des personnes boulimiques ou anorexiques quand on en voit dans des documentaires à la télévision. Et même ces remarques sur les personnes obèses. Vous savez, les "Ah regarde, c'est horrible. / J'espère ne jamais être comme ça. / C'est moche, elle est grosse. / Ah, mais c'est trop maigre, c'est affreux. / Non mais il faut avoir un sérieux problème pour faire ça." Il y aurait tant d'autres choses que je pourrais écrire. Et moi, pendant ce temps-là, je me suis toujours sentie à part. Pour dire vrai, c'est parce que je faisais partie de ces personnes dont on parlait et que, même si les gens que je côtoyais ne s'adressaient pas à moi directement, je me sentais visée.

Il y a plus d'un an maintenant, j'ai vécu ma première victoire. Aller voir quelqu'un pour discuter de ces troubles alimentaires. Une personne spécialisée dedans. Il y a peu, j'ai remporté ma seconde victoire : j'ai pris rendez-vous avec un médecin nutritionniste. Et aujourd'hui, nouvelle victoire. Après un mois d'arrêt de sodas (avec quelques écarts néanmoins) et de jus de fruits (aucun écart là !), j'ai perdu 1,7 Kilogrammes ! Lentement, mais surement comme on dit. 
Cette fois ci, je suis confiante, je me dis que je vais y arriver. Savez-vous pourquoi ? 
C'est parce qu'aujourd'hui, je fais ça pour moi et pas pour les autres.

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