Samedi Poésie | Le dormeur du val

Cela fait un moment que je n’ai pas fait de « Samedi Poésie » et il y a une bonne raison à cela : je révisais mes oraux de concours. Maintenant que les études et les révisions sont derrière moi, je peux enfin me consacrer à la rédaction d’articles. Aujourd’hui, je vais vous présenter un poème d’Arthur Rimbaud. Une fois de plus, c’est par le biais de l’école que j’ai pu découvrir ce poème. D’ailleurs, je vais tenter d’acheter des livres de poèmes pour me faire une culture dessus. Il est vrai que j’affectionne tellement les thrillers que j’en oublie souvent que d’autre genre d’ouvrages existent ! Mais passons désormais à cette poésie et à mon avis sur la question.

Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud

Ce n’est pas le poème le plus joyeux qui soit, je vous l’accorde. Cependant, j’aime le rythme du poème lorsqu’on le lit à voix haute. Un ton calme, paisible. Je me souviens qu’au collège, lorsque je l’avais étudié, on tentait de savoir à la fin si le soldat allait mourir ou pas. Il semble blessé, mais va-t-il mourir ? Est-ce un rêve peut être ? A vrai dire, étudier des poèmes était frustrant parce que finalement, on ne saura jamais vraiment ce que voulait dire l’auteur. C’était tellement subjectif ! Ce poème est touchant. Il me semble que l’on parle de la guerre, de la fin de vie d’un soldat. Cette fin de vie difficile et probablement douloureuse (au vu du fait qu’on suppose qu’il s’est fait tirer dessus « Il y a deux trous rouges… »), est racontée d’une façon douce, la rendant presque agréable. Le poète a su rendre un peu moins triste un moment qui l’est. Et il faut sans aucun doute du talent pour être capable de faire ça.

Et vous, connaissiez-vous ce poème ? N’hésitez pas à me partager les poèmes que vous aimez en commentaires ! 








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